
Souvent sous-estimée, la consommation de produits animaux a un fort impact sur l’environnement. Dans ce contexte, comment envisager le repas végétarien comme la nouvelle norme ?
L’alimentation représente 22 % de l’empreinte carbone nationale, soit le troisième poste d’émissions de gaz à effet de serre après le transport et le logement, selon le Commissariat général au développement durable. La consommation de viande représente la moitié de ces émissions, quasiment les trois quarts si on y ajoute poisson, œufs et produits laitiers. Afin de respecter les objectifs climatiques, une réduction importante de notre consommation paraît impérative. En s’appuyant sur l’expérience de deux lieux et d’une compagnie, quels sont les ingrédients pour opérer cette mutation ?
Un processus incrémental
Au Chabada, scène de musiques actuelles d’Angers, les repas carnés ont progressivement été remplacés : dans un premier temps, la moitié des repas préparés étaient végétariens, puis la salle a pris le parti de demander combien de personnes mangeaient de la viande. Depuis 2021, les 1 400 repas annuels sont végétariens par défaut et Julie Clément, chargée de production, le mentionne noir sur blanc – et même en gras souligné – sur son e-mail type aux équipes artistiques : « Le repas sera végétarien, merci de me prévenir si cela est problématique pour l’un d’entre vous. » « Au départ, on pensait qu’il y aurait de la contestation, mais cela s’est compté sur les doigts d’une main », raconte-t-elle.
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Par Julie Haméon
Légende photo : Coline Llobet, cheffe cuisinière du Périscope (Lyon)
Crédit photo : Paul Bourdrel