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Les Petits Comédiens de chiffons, association porteuse du Festival mondial des théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières, et l’Institut international de la Marionnette, qui porte l’École nationale supérieure des arts de la marionnette (Esnam), fusionnent dans le Pôle international de la marionnette - Jacques Félix. Frédéric Maurin en prend la présidence.
Pierre-Yves Charlois, son directeur, précise sa vision pour ce Pôle.
Le rapport Maurin (2022) préconisait un EPCC, quelle est la forme finalement retenue ?
Le Pôle est une association loi 1901. C’est une fusion-absorption, Les Petits Comédiens de chiffons disparaissent juridiquement et sont absorbés par l’Institut dont on a fait évoluer les statuts et qui change de nom. Nous avons recomposé une nouvelle gouvernance, avec un bureau, un conseil d’administration, une assemblée générale, et différents collèges de membres. Le nouveau site Internet est sorti début janvier.
Cette fusion a-t-elle été compliquée, juridiquement ?
Nous avons fait appel à un cabinet extérieur, parce que l’Institut était non fiscalisé, tandis que le Festival l’était : il faut donc une clé de répartition en fonction des activités. Niveau social, nous avions heureusement la même convention collective des deux côtés.
Avez-vous des inquiétudes quant au budget du Pôle ?
J’ai l’assurance de la part de l’ensemble de mes partenaires (Ville, Département, Région et État) de ne pas avoir de baisse cette année. Nous faisons de menues économies notamment grâce au partenariat avec l’université de Reims Champagne-Ardenne, mais il n’y a pas d’économies d’échelle car les activités des deux associations qui ont fusionné sont bien distinctes.
Ce Pôle sera un atout pour chercher des fonds privés ?
Je pense, effectivement, que cela peut avoir un impact sur des mécènes à l’échelon national, en faisant valoir sa taille et son caractère unique. Cela n’existe nulle part ailleurs d’avoir une école nationale supérieure d’art adossée à un festival, avec un centre de documentation, sachant que ces trois éléments sont les référents mondiaux pour la matière.
Ce Pôle sera-t-il un jour candidat au label de centre national de la marionnette (CNMa) ?
Cela fait partie des plans. Ce serait cohérent par rapport à la structuration de la filière telle que la mène le ministère. Nous en avons déjà parlé avec les services de l’État. D’autant plus si cela nous permet d’augmenter notre budget, même si nous sommes déjà au-dessus des planchers qui sont attribués aux CNMa.
Le projet de déménagement dans de nouveaux locaux a-t-il avancé ?
Pas encore. Mais cela reste une question, parce que, pour l’instant, il y a le bâtiment de l’Esnam, il y a l’Espace Lebon, il y a le bâtiment, place Churchill, que la Mairie veut récupérer pour en faire une extension du musée de l’Ardenne. L’idée est toujours que la Ville réhabilite la Villa d’Aubilly, qui lui a été cédée par l’Institut. Nous continuons de parler avec le cabinet du maire.
Propos recueillis par Mathieu Dochtermann
En partenariat avec La Lettre du Spectacle n°574
Légende photo : Pierre-Yves Charlois
Crédit photo : Hervé Dapremont